Le parc Pratt d’Outremont: véritable oasis de nature, de sérénité et d’histoire

Dernière mise à jour : 30 janv.

Le parc Pratt, un des plus beaux parcs d’Outremont, est l’oeuvre de l’ingénieur Émile Lacroix, de l’architecte Aristide Beaugrand-Champagne et de l’horticulteur Thomas Barnes.


Ses concepteurs ont su profiter du terrain accidenté pour créer un paysage bucolique avec de beaux grands arbres dont un chêne et un érable plantés en 1937 en l’honneur du couronnement du roi George VI et de la reine Elizabeth de Grande-Bretagne. Sous les arbres matures, serpentent des sentiers accueillants et un ruisseau apaisant que l’on peut enjamber à l’aide d’un joli pont de pierres. Un premier bassin accueille l’eau du ruisseau qui s’écoule en provenance des hauteurs du parc du côté de l’avenue Lajoie. Un îlot en pierre y a été aménagé pour attirer les papillons monarques. Un second bassin plus grand se trouve en aval près de l’avenue Van Horne à l’autre extrémité du parc. C’est à cet endroit, au coin Van Horne et Pratt, que l’on découvrit en 1920 les vestiges d’un cimetière autochtone. Des fouilles archéologiques ont d’ailleurs eu lieu à l’été 2017 pour tenter d’y trouver des traces du fameux village iroquoien d’Hochelaga décrit en 1535 par Jacques Cartier.


Sur la carte de 1879, on peut voir le terrain 44 de Joseph Pearson qui se situe au nord du chemin de la Côte Sainte-Catherine et à l’extrémité ouest d’Outremont. C’est là que se trouve, depuis 1837, le dépôt de munitions de l’armée britannique (voir la flèche blanche). Cette poudrière était bâtie sur une butte qui se trouve aujourd’hui sur l’avenue Dunlop entre les avenues Lajoie et Kelvin. Sidney Bellingham (1808-1900) et François Imbault, qui avaient des habitations à proximité, s’étaient d’ailleurs plaints de ce danger public qui fut finalement éliminé vers 1870.


Quelques années plus tard, le financier William Wallace Dunlop (voir photo), qui devint maire d’Outremont et qui donna son nom en 1908 à l’avenue Dunlop, installa son domaine sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine juste au sud de cette ancienne poudrière (voir photo).



Puis, en 1892, la succession de Jean Duprat alias John Pratt (1812-1876) décide d’acheter ce grand terrain en pente plus ou moins propice à l’agriculture. Des descendants de ce riche marchand, James et John A. H. Pratt, s’installeront dans Outremont.

Un parc et une rue d’Outremont seront nommés en l’honneur de leur ancêtre John Pratt (1812-1876), ce fils de forgeron de Berthier, qui avait changé son nom peu après la rébellion des patriotes de 1837. Il devint un des plus riches Canadien-Français de cette époque (voir photo).




Au début du 20ième siècle, le club de golf de Westmount dont le parcours était situé du côté sud de ce sommet du Mont-Royal ne permettait pas à ses membres de jouer au golf le dimanche.


C’est pour cette raison peu pratique que plusieurs autres clubs de golf se formèrent sur l’île de Montréal dont ceux d’Outremont et de Beaconsfield. Le club de golf de Beaconsfield est un club privé qui, contrairement à celui d’Outremont, existe encore dans l’ouest de l’île.



En 1902, le club de golf d‘Outremont construisit un parcours de 9 trous sur les terres agricoles louées à la succession de la famille Pratt. Jusqu’en 1922, un vaste chalet sera mis à la disposition des 212 membres de ce club de golf. Le premier président du club sera l’honorable Robert Stanley Weir et son successeur sera John Harry Birks (1870-1949), un des fils du très réputé bijoutier Henry Birks (1840-1928) (voir photo : de gauche à droite John Harry, Henry, William et Gérald Walker Birks).


Après avoir cédé à la ville l’espace pour l’ouverture de la rue Pratt en 1920, la famille Pratt s’y installera et commencera à y vendre des lots. C’est d’ailleurs à cette époque de développement urbain que l’on découvrit les vestiges d’un cimetière autochtone. Sous la pression du développement résidentiel de ce secteur, le club de golf d’Outremont décidera en 1922 de s’associer au club Kanawaki qui avait alors terminé la construction d’un terrain de golf de 18 trous sur la rive sud de Montréal.

En 1929, la succession Pratt décide de vendre une partie de ce qui restait du terrain golf à la ville d’Outremont.

C’est à cet endroit que le parc Pratt

sera aménagé en 1931.


Le chalet du parc situé au coin Dunlop et Lajoie contiendra le système de pompage permettant d’alimenter les bassins de ce superbe parc qui est certainement un des plus pittoresques d’Outremont.


Sources : BAnQ, Le Devoir (1 juillet 2017), imtl.org, Mémoire vivante Nos 22 et 39 (Société d’histoire d’Outremont), Le Journal d’Outremont (18 août 2015 et 30 novembre 2016), maisonbirks.com, Le Journal d’Outremont (19 septembre 2016)


Texte et recherche par Sylvain Rousseau

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