L’Aire Benny de Notre-Dame-de-Grâces est née d’une ferme devenue un village de vétérans

Dernière mise à jour : 10 avr.

Walter Benny (1791-1870), un boulanger qui deviendra un riche marchand

d’origine écossaise, achètera en 1848 un grand terrain entre le Côteau Saint-Pierre (rue Saint-Jacques) et la Côte Saint-Luc vis-à-vis le boulevard Cavendish actuel. C’est au beau milieu des terres des familles Décarie, Leduc, Prud’homme et Gougeon que Walter Benny installera la ferme que sa famille cultivera pendant près de cent ans. Sur la carte de 1879, on voit que ce sont Robert et James Benny qui ont récupéré le lot 753 après le décès de leur père Walter.



Jusque vers le milieu du 20ième siècle, la ferme résistera au développement urbain. Elle sera progressivement encerclée de résidences à l’extérieur du terrain encadré par les rues Terrebonne et Saint-Jacques ainsi que par les avenues Benny et Walkley.


Puis, en 1944, ce grand terrain sera convoité par le gouvernement fédéral pour y

bâtir un hôpital de vétérans. Or, sous la pression de ces vétérans de la seconde guerre mondiale, ce seront plutôt des logements qui y seront bâtis pour loger les vétérans de la seconde guerre mondiale. La ferme Benny (ou Benny Farm), renommée l’Aire Benny, deviendra un véritable village à l’intérieur de Notre-Dame-de-Grâces.


Inspiré par le concept de la ville-jardin, l’architecte Harold James Doran

développera un modèle d’habitations relativement basses entourées d’espaces verts. À l’origine, les bâtiments de 6 logements seront construits sur 3 étages avec des façades orientées vers l’intérieur du développement où seront situés les espaces verts et les jardins. Le parc Benny, lui, se trouve au nord de l’avenue Monkland. L’arrière des bâtiments est orienté en périphérie du côté des rues et des avenues encadrant ce nouveau développement. Des stationnements sont disponibles sous de grands abris en aluminium (en gris sur la carte de 1954) le long des voies d’accès périphériques. On continuera donc, en quelque sorte, à reproduire l’enclavement de la ferme Benny dans son milieu urbain en établissant les derniers espaces verts de cette terre au beau milieu de ce nouveau village qui est, lui-même, au cœur de Notre-Dame-de-Grâces.


Entre 1947 et 1990, s’y installera une communauté tissée serrée formée de 400 vétérans et de leurs 1500 enfants. Les Benny Farmers, comme on les appelait, auront leur propre journal, leurs équipes de sport et leurs événements communautaires. Dans un esprit de solidarité sociale, les anciens militaires créeront un milieu de vie bien organisé où il fera bon vivre.


Puis, en 1990, on déstabilise cette communauté vieillissante pour y intégrer des condominiums et des bâtiments à 6 étages afin de regrouper les vétérans dans des installations plus modernes. Près de la moitié du site sera démolie avant que la communauté locale réussisse à arrêter ce projet. Il en résultera une guerre de 12 ans à la fin de laquelle plus de 500 logements seront réservés à des familles à bas et à moyens revenus. Le CLSC NDG et un centre de la culture y seront aussi aménagés au nord du côté de la rue Monkland. Aujourd’hui, le concept architectural inspiré de la ville-jardin a été conservé et c’est toute la communauté de NDG qui fait revivre l’Aire Benny.






Sources : BAnQ, Archives Musée McCord et voir les hyperliens suivants :

http://atelierhistoirendg.ca/

https://archive.macleans.ca/.../11/1/bennys-happy-family

http://quescren.concordia.ca/fr/resource/LR5ZXJC4

https://www.erudit.org/.../2006-n108.../17600ac.pdf

Texte et recherche Sylvain Rousseau

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