Le parc NDG et l’histoire de son entourage


Fondé en 1867, le parc NDG est le plus vieux parc de Notre-Dame-de-Grâce et certainement un des plus beaux, des mieux aménagés et des plus vivants. Dès qu’on entre dans ce parc, on respire le calme et la sérénité. Ce sont probablement les centaines d’arbres matures et les judicieux aménagements paysagers qui font que nous avons le sentiment de nous évader de la ville pour quelques instants. À travers les immenses érables argentés de formes étranges (voir photo), ce terrain respire l’histoire et inspire l’évasion.


Le parc est situé dans un secteur de Notre-Dame-de-Grâce qui s’appelait autrefois Côteau Saint-Pierre. En 1650, lorsque Jean Décarie et Jean Leduc se sont fait offrir des terrains par le Sieur de Maisonneuve dans ce secteur, il s’agissait d’une forêt vierge. À l’époque, il fallait être courageux pour vivre en dehors des palissades du fort Ville-Marie.


Deux cents ans plus tard, ces terres majoritairement défrichées permettaient la culture de toutes sortes de fruits et de légumes. Les familles Hurtubise, Décarie, Prud’homme, Brodie, Gougeon et Benny y avaient installé leurs fermes. D’ailleurs certaines de leurs maisons ancestrales existent toujours aujourd’hui. Par exemple, on dit que, de la maison Prud’Homme sur la rue Girouard près de Saint-Jacques (voir photo), on pouvait voir le lac Saint-Pierre en bas de la falaise Saint-Jacques et même les navires sur le fleuve.


Avant l’annexion de NDG à Montréal en 1910, il n’y avait pas encore de maisons autour du parc. Le village de NDG autour de l’église commençait à se développer, mais la plupart des maisons de ferme longeaient la rue Saint-Jacques qui s’appelait alors Upper Lachine. Puis, on commença à bâtir des maisons de brique sur Marcil et Girouard. D’ailleurs, le nom de ces rues provient de personnes célèbres à cette époque. Georges Marcil a été le premier échevin de ce quartier suite à l’annexion de NDG à Montréal en 1910, tandis que Désiré Girouard, décédé en 1911, était un juge de la Cour suprême du Canada.


Par la suite, vers 1917, on construisit l’église Sainte-Augustine of Canterbury pour la communauté irlandaise (voir photo). Notons que ce sont surtout les Irlandais, alors regroupés à Griffintown, qui ont contribué à la construction du canal Lachine. L’école paroissiale adjacente fut construite vers 1925. Ce sont les sœurs de la Congrégation Notre-Dame qui y donnèrent l’enseignement


Quelques années plus tard, lasses de marcher 20 minutes deux fois par jour pour se rendre à leur couvent de Villa-Maria, les sœurs achetèrent la belle maison du coin Addington et Côte-Saint-Paul pour en faire plus tard une académie (voir photo). À la même époque du côté de la rue Sherbrooke, on inaugurait le théâtre Empress (1927) ainsi que la Banque de Montréal au coin Marcil (1930).


Bien qu’il soit devenu aujourd’hui un centre vétérinaire, ceux qui ont un bon sens de l’observation reconnaîtront le bâtiment de la Banque de Montréal grâce à son architecture, mais surtout grâce à son blason. En effet, inspiré des armoiries et du drapeau de Montréal, on peut y voir au centre une représentation des 4 peuples fondateurs avec la rose (Angleterre), le trèfle (Irlande), le chardon (Écosse) et le castor (France). Sur le drapeau de la ville de Montréal, le castor a été remplacé par la fleur de lys en 1937. De chaque côté, on peut voir des autochtones maintenant représentés par le pin blanc.


L’architecture du théâtre Empress est inspirée de la découverte du tombeau de Toutankhamon en 1922. Contrairement au théâtre Snowdon dont on a récupéré la façade, le théâtre Empress risque de bientôt s’effondrer (voir photo). Depuis plus de 30 ans, suite à un incendie, le bâtiment n’a pas été entretenu de sorte qu’il est devenu un danger public. On dit que la profanation du tombeau de Toutankhamon a jeté une malédiction sur ceux qui l’ont découvert. Espérons que les Montréalais qui ont dessiné des graffitis sur les façades du théâtre et qui n’ont pas su réhabiliter ce majestueux bâtiment culturel n’en subiront pas une à leur tour.


Rappelons cependant que le 23 août 2017, l’année du 375ième anniversaire de Montréal, une microrafale a déraciné et cassé des centaines d’arbres du quartier dont de vieux érables argentés particulièrement dans le secteur sud-est du parc devant le théâtre Empress. Suite à ce cataclysme, on a décidé de réaménager et de reboiser cette section du parc en créant un arboretum et de superbes allées pavées se rejoignant à la place de Vimy. Le parc NDG est redevenu encore plus beau qu’avant.


En face de l’Empress, une grande allée nous invite vers la place de Vimy érigée en l’honneur du Mémorial national du Canada à Vimy en France. Des panneaux commémoratifs nous font revivre la bataille de Vimy à laquelle ont participé près de 10,000 Montréalais le 9 avril 1917 dans le cadre de la Première Guerre mondiale. En remontant l’allée centrale, on peut aussi observer plusieurs espèces d’arbres. Une fois rendu à la place de Vimy, on peut notamment voir 5 chênes d’Europe dont les semences, semble-t-il, proviennent d’arbres se trouvant sur cet ancien champ de bataille de France.

Texte et recherche Sylvain Rousseau

Photos :

Denise Cadieux, Josée Deslauriers, https://mesquartiers.wordpress.com/2017/05/16/notre-dame-de-grace/ et https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/girouard-park-trees-fallen-storm-1.4258093

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