Victor Cardinal Fleuriste de la Côte-des-Neiges

Dernière mise à jour : 4 nov.


Le temps fini par métamorphoser tout ce qu’il touche. Prenons ici, par exemple, un coin de rue qui a toutes les apparences d’un carrefour urbain densément achalandé à l’heure de pointe. Mais il n'en fut pas toujours ainsi. Le coin de rue en question est formé de l'avenue Ellendale et du chemin de la Côte-des-Neiges.



Aujourd'hui, à cet emplacement, on retrouve un édifice résidentiel qui abrite, au rez-de-chaussée, un excellent restaurant de grillades . Mais, croyez-le ou non, ces grands terrains, qui se retrouvent maintenant sous les habitations de la rue Ellendale, ont servi un certain temps à faire pousser d'innombrables variétés de fleurs. À cet endroit, était établi Victor Cardinal, cultivateur et fleuriste réputé. C’est grâce à sa production qu’il a embelli plusieurs centres de table et qu’il permit aux garçons amoureux de ravir les jolies demoiselles ou bien les mamans. Il ne faut pas oublier les bouquets de fleurs lors des funérailles d’un être proche ou estimé. Jusque dans les années 1960, on pouvait voir les serres et le magasin de ce fleuriste réputé dans le quartier.



Grâce à mes recherches et à l'aide des membres de sa famille qui m'ont fourni plusieurs informations importantes, j’ai pu mieux comprendre la vie et l'œuvre de Victor Cardinal. Il était un grand passionné de taxidermie. On dit que son travail était remarquable.



Avec l'aide de ses enfants et de plusieurs employés saisonniers, monsieur Cardinal va mettre les mains à la terre pour faire de ses productions des chefs d'œuvre floraux. Dans ses grandes serres chauffées, il produira plusieurs variétés de fleurs ornementales pour les besoins du quartier.



Au fil des années, accompagné de ses travailleurs, il va raffiner ses techniques de culture afin d'obtenir les meilleurs rendements possibles. Il possédait lui-même une grande collection d'oiseaux naturalisés de toutes tailles. Plusieurs se souviennent avoir vu cette collection dans sa magnifique maison victorienne située en face du couvent des Sœurs de Sainte-Croix.

Ce bâtiment est aujourd’hui annexé à L'hôpital Général Juif.



Cette maison ainsi que plusieurs autres de la famille Cardinal et de la famille Deguire ont été démolies malheureusement à cause de la densification urbaine. Peu à peu, les granges furent détruites pour faire place à la rue Ellendale vers 1954. Les serres ont aussi fini par y passer en 1967, année de l’Exposition universelle tout comme la maison principale qui fut démolie en 1973.



Il s'agissait pour la plupart d'imposantes maisons en pierre grise de Montréal. Avec leur démolition, disparaissait de la Côte-des-Neiges une entreprise horticole établie depuis le tournant du siècle pour faire place au progrès, comme les serres et les jardins. Cette belle maison de pierre construite en 1910 selon les plans de l'architecte montréalais George Alphonse Monette remplaçait l'ancienne maison ancestrale démolie lors de l'agrandissement du chemin de la Côte-des-Neiges.

Témoignage de Claude Paquette : Il y avait Victor ,le grand-père, Victor, le père et Victor plus vieux des trois fils . Je me souviens... que dans la boutique grand-père Victor était toujours là .C'est Florence ( ricaneuse) qui s'occupait de recevoir les clients la plus part du temps. Il y avait Juliette ( toute menue ), toujours sérieuse, qui faisait les arrangements floraux. Victor père travaillait dans les serres toute la journée et,si je me souviens bien, il avait un employé Arthur Laforce



Témoignage de Louise Paquette. Comme le mentionne mon frère, nous avons connu dans cette belle maison sur Côte des Neiges coin Ellendale, le grand-père Victor, qui était taxidermiste à ses heures, son épouse et ses deux filles, Florence, et Yvette qui elles aussi travaillaient dans les serres. Elles étaient très gentilles, toujours prêtes à enseigner quelque chose sur les fleurs. Ensuite Victor, le fleuriste. Petit homme costaud, chevelure très foncée, ami de notre père, son épouse Thérèse, et leur trois fils, Victor, Pierre et Paul. Ils étaient nos amis d'enfance étant environ du même âge. Ils habitaient au deuxième étage. Petit souvenir drôle, Victor parfois, appelait sa mère par son prénom. Je riais de ça. Dans la cour arrière, le long d'une des serres, poussait de la rhubarbe. On en a mangé de cette rhubarbe !!!


Le temps efface les choses mais les souvenirs perdurent. Il n’en tient qu’à nous de les maintenir vivants. Ensemble, nous pouvons faire revivre ce passé et honorer sa mémoire.


Merci à la SHCDN et à Florence et Juliette Cardinal et Claude et Louise Paquette pour leurs précieuses informations.

Texte et recherche Jonathan Buisson

Source Facebook SMCDN

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