top of page

Origine des croix de chemin et la Croix de chemin de la famille Fortier-Daoust



L'origine des croix de chemin remonte à l'époque médiévale en Europe, où elles étaient érigées pour marquer la foi en Dieu et servir de symboles religieux dans les villages.



L'idée de marquer les chemins nouvellement ouverts par les explorateurs avec des croix a été introduite au Québec, probablement par Jacques Cartier. Ce geste fut posé comme un signe de possession du territoire à développer.



Pour ce qui est de la tradition d'ériger des croix de chemin provient sûrement du monde celtique, où les croix étaient également utilisées pour marquer des sites et des chemins importants. Au Québec, ces croix étaient placées aux carrefours pour indiquer aux gens l'endroit de la découverte et servaient de repères dans les régions nouvellement explorées.



La plupart des croix de chemin sont bénies et ont aussi une signification religieuse. Certaines personnes considèrent ces croix comme des lieux de prière et s'arrêtent pour rendre grâce à Dieu le long du chemin, ce qui peut parfois entraîner des retards pour les voyageurs.


Les croix de chemin étaient faites en bois, mais en raison de leur durabilité limitée, certains propriétaires plus fortunés les ont fait remplacer par des croix en pierre. Cependant, ces croix en pierre n'ont pas le même impact visuel que les magnifiques croix en bois. Ainsi, bien que certaines aient été progressivement remplacées par des croix en pierre, la plupart demeurent en bois et sont entretenues par leurs propriétaires.



Il existe différents types de croix de chemin.

La croix simple est sobre et ne comporte que quelques éléments décoratifs à ses extrémités ou à sa croisée. La croix aux instruments de la Passion est ornée d'objets symboliques liés à la Passion du Christ, tels que la lance, l'éponge et les clous. Le calvaire est une croix avec une représentation sculptée du Christ.

Au Québec, de nombreuses croix de chemin ont été érigées, mais pendant longtemps, peu d'attention a été accordée à leur valeur historique. Ce n'est qu'au cours du 20e siècle que les gens ont commencé à s'y intéresser davantage, réalisant leur importance symbolique et patrimoniale.



Édouard-Zotique Massicotte a joué un rôle clé dans la collecte et la diffusion d'informations sur les croix de chemin dans les années 1922 à 1925. Il a entrepris un inventaire photographique et a documenté les croix en envoyant des questionnaires aux autorités locales, comme les curés et les notaires. Il a également rencontré les propriétaires des croix privées pour comprendre les coutumes et l'affection qui leur étaient associées.



Dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal, il existe une croix de chemin particulière, celle de la famille Fortier Daoust, qui est entretenue par la famille depuis près de 100 ans. Cette croix était initialement située sur leur terre agricole dans la partie nord du quartier, appelée Notre-Dame-des-Neiges Ouest à l'époque. Elle est devenue un lieu de rencontre pour la communauté, favorisant les échanges et les rapprochements. Elle est considérée comme un véritable point de rassemblement, tel un parvis d'église, en l'absence de lieu de culte. Ce n'est qu'en 1919 qu'un lieu de culte a été construit, mais jusqu'alors, cette croix offrait une nourriture spirituelle aux fidèles qui lui accordaient de l'importance.



Au XIXe siècle, la terre sur laquelle se trouve la croix appartenait à Victor Fortier de la famille Daoust. En 1940, la famille Daoust a vendu cette terre à Hydro-Québec. Ils ont cependant obtenu de cette société un bail de location de la partie du terrain où la croix était érigée pour une durée de 100 ans. La Société Saint-Vincent de la paroisse Saint-Pascal Baylon a pris en charge la location.



La famille Daoust a toujours entretenu la croix, la remplaçant à plusieurs reprises. Elle a été refaite en 1955 et restaurée dans les années 2000. Pierre Ramet a confectionné le coq qui se trouve au sommet de la croix, à la demande de la famille Daoust.



Cette croix était autrefois un lieu de rencontre et de prières, et elle témoigne toujours de la foi des anciennes familles qui, par leur travail acharné, ont valorisé la Côte-des-Neiges depuis sa fondation en 1698.


Croix de chemin famille Fortier-Daoust 3901 Rue Jean-Talon O, Montréal, QC H3R 2G8


Texte et recherche Jonathan Buisson

Source : Marcher l'histoire dans Côte-des-Neiges http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-141/croix_de_chemin.html

220 vues1 commentaire

Posts récents

Voir tout
Post: Blog2_Post
bottom of page