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Les secrets du boisée des père de Brébeuf

Au sein de notre quartier, parmi les joyaux naturels qui résistent à l'urbanisation, le Boisé du Collège Brébeuf se dresse comme une véritable oasis de verdure et de biodiversité.

Enveloppé par l'histoire séculaire de la montagne et de l'île de Montréal, ce boisé, enclavé entre le Collège Brébeuf, les HEC, et des bâtiments résidentiels, constitue une chronique vivante des époques précoloniales jusqu'à nos jours. La richesse de son histoire, ses liens avec les Autochtones, les transformations par les mains d'entrepreneurs et de religieux, ainsi que son intégration impressionnante dans le paysage des HEC, dépeignent un tableau complexe et captivant. Plongeons dans cette exploration fascinante du Boisé du Collège Brébeuf, où chaque arbre porte les empreintes du passé. Parmi les espaces boisés de notre quartier, le Boisé du Collège Brébeuf se distingue comme l'un des plus beaux du secteur. Niché entre le Collège Brébeuf, les HEC et des bâtiments résidentiels sur Édouard-Montpetit, cette oasis de verdure et de biodiversité raconte une histoire fascinante à travers le temps

Avant l'arrivée des Européens, la montagne et l'île de Montréal étaient une vaste forêt parsemée de clairières, fréquentées par les Autochtones de façon saisonnière, voire même de façon plus permanente, le mont Royal étant un endroit privilégié. Malgré les nombreuses découvertes faites un peu partout sur la montagne, le secteur du boisé ne possède malheureusement aucun artefact archéologique trouvé à ce jour. En revanche, une preuve certaine de leur passage a été découverte : il s'agit d’une plante, le podophylle pelté ou pomme de mai, qui se retrouve hors de sa zone de répartition naturelle. On suggère ici une implantation par les Autochtones, ayant voyagé avec ceux-ci et ayant potentiellement replanté la plante dans le secteur. Les Autochtones utilisaient cette plante à des fins insecticides et laxatives.

En 1698, les terres de la Côte des Neiges furent concédées à Gédéon de Catalogne. La portion où se trouve le boisé revint à Maturin Guillet. Comme tout censitaire s'installant sur une terre, il eut la tâche de défricher et préparer son terrain pour les cultures, probablement en coupant tout le bois original du secteur


Vers le milieu des années 1800, le riche marchand anglais John A. Leslie acquit ces terres, y développant des vergers, et fit construire des bâtiments de ferme ainsi qu'une maison. Il est possible que certaines parties des sentiers actuels du boisé soient des vestiges de cette époque. Ces terres furent par la suite rachetées par les Jésuites du Collège Brébeuf, qui acquirent le terrain et le boisé.

Les Pères jésuites ont grandement participé à la conservation de ce boisé à des fins religieuses. Ils firent construire une grotte à l'extrémité nord-est du boisé, que l'on peut encore apercevoir aujourd'hui lors d'une balade dans le boisé ou à l'intérieur des HEC


Avant la construction des HEC, le boisé s'étendait vers l'est jusqu'aux bâtiments de l'Université de Montréal - Faculté de l'aménagement, augmentant ainsi sa superficie. La construction des HEC a entraîné une coupure dans la continuité du boisé, affectant sa végétation et réduisant de moitié sa superficie initiale. Cependant, l'intégration remarquable du boisé dans le décor quotidien des HEC est soulignée par une baie vitrée offrant une vue imprenable depuis la cafétéria

Le Boisé, propriété du Collège Brébeuf, demeure un lieu fantastique au cœur du quartier, abritant une biodiversité riche et offrant un refuge crucial pour la protection des espèces. Il devient ainsi un lieu pédagogique, invitant les classes à explorer et comprendre les espèces qui y résident et leurs interactions. En conclusion, le Boisé du Collège Brébeuf se dresse comme un témoignage vivant de l'histoire et de l'évolution de notre quartier. Des premiers pas des Autochtones dans ces boisés à la vision contemporaine offerte par la baie vitrée des HEC, chaque étape a laissé sa marque. Ce sanctuaire naturel, désormais propriété du Collège Brébeuf, ne se contente pas d'être un refuge pour la biodiversité, mais aussi un espace pédagogique précieux. En préservant ce patrimoine vert au cœur de la métropole, nous préservons notre lien avec la nature et la riche histoire qui réside parmi les feuilles et les racines de ce Boisé singulier. Que les générations futures continuent à s'émerveiller devant cet écosystème préservé, et qu'elles s'engagent à perpétuer cette véritable perle au sein de notre communauté urbaine.


Texte et recherche Jonathan Buisson

Source Facebook Souvenirs et Mémoires de la Côte-des-Neiges

Banq, College Brébeuf, archive ville de Montréal

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