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La maison Simon-Lacombe un joyau de Côte-des-Neiges


Près de l’entrée du cimetière Notre-Dame-des-Neiges sur l’avenue Decelles, se trouve une maison en pierre qui semble sortir tout droit d’un autre temps.

De style rural, elle fait face au bitume et au trafic des automobiles qui la croisent, mais saviez-vous qu'elle n'avait pas toujours été située à cet endroit ? Et aussi qu'elle a bien failli disparaître, s'il n'en avait pas été de la bonne volonté et de l’effort investis par un groupe de personnes soucieuses de conserver ces pièces importantes de notre histoire collective ?

Près du terrain où elle était située à l'origine, se trouvait déjà un bâtiment avant même la fondation du village de la Côte-des-Neiges en 1698 c'est en cette même année que Laurent Renaud deviendra le premier propriétaire du lopin de terre où la maison sera construite. Toutefois en 1744, on mentionne la présence d’une petite grange et c'est seulement en 1751 que sera construite la première maison-atelier de tannerie par Louis Henri Jarry, dit Henrichon. En 1802, la maison et la terre deviennent la propriété de la famille Lacombe. Quant à la maison en pierre, c'est entre 1825 et 1848 qu'elle aurait été construite par Simon Lacombe. Selon une autre source, la maison en pierre aurait été construite en 1713 par un individu nommé Gauthier, comme en témoigne un relevé de décompte de l'île de Montréal en 1731. Peut-être un jour pourrons-nous élucider ce mystère. La ville de Montréal en est devenue acquéreur en 1956 pour effectuer sa destruction. Elle a ensuite été reconstruite non loin de là, à son emplacement actuel, en 1957.

En effet, en 1950 la ville de Montréal avait pris la décision de créer un système de voies rapides au travers de la ville, ce qui nécessitait l’élargissement de certaines rues, y compris le chemin de la Côte-des-Neiges, malheureusement la maison se trouvait sur le tracé du projet et devait donc être démolie. En 1954, des efforts ont été entrepris pour la sauver grâce à son déménagement. Plusieurs personnes ont proposé divers emplacements pour la relocaliser, mais aucun d'entre eux n’a été retenu. La fabrique de Notre-Dame a alors offert de l’accueillir sur son terrain et a proposé la somme de 10 000 dollars mais les autorités en place avaient estimé le coût total de cette intervention à 20 000 dollars.

une demande a alors été faite à la ville de Montréal pour financer la différence, par contre celle-ci a refusé de payer et a préféré la démolir. Des efforts pour trouver des mécènes ou des personnes intéressées par ce projet avaient bien été mis en place, mais ils n’ont pas abouti, et comme le temps pressait, la démolition par la ville avait déjà commencé, détruisant d’abord l’intérieur d’origine. Toutefois, les gens soucieux de sa conservation ont alors élaboré un projet de sauvegarde de certains éléments architecturaux de la maison qui devaient être conservés et intégrés à un projet de construction futur qui pourrait lui rendre hommage.


Ainsi, au moment de sa démolition, un groupe de gens a tout de même réussi à amasser la somme nécessaire pour la sauvegarder. Elle a alors été démontée pierre par pierre (sans que celles-ci aient été numérotées) et les pièces importantes ont été précieusement conservées, le tout pour contribuer à la protéger de sa disparition.

Le 9 mai 1957, la charpente en bois a été montée et le travail de maçonnerie a commencé cinq jours plus tard. Alors que la maison était en construction, un coup de théâtre a eu lieu et elle a de nouveau été menacée d’expropriation. Parce qu'on avait envisagé de prolonger Queen Mary jusqu'à Édouard-Montpetit la Ville de Montréal a alors révoqué les permis de construction, car le projet devait également passer à travers le cimetière, et donc exproprier des lots pour ce faire, ce qui s'est avéré ne pas avoir été réalisable finalement. Le projet a été abandonné et le permis de construire pour la maison Simon-Lacombe fut rétabli le 13 août 1957.

Depuis lors, elle a subi plusieurs améliorations telles que de la maçonnerie, des travaux de fenestration et de toiture ainsi que diverses restaurations. Le fait de déplacer la maison de son emplacement d’origine, les modifications de l’intérieur et la reconstruction, bien qu'inspirée de l’original et malgré le respect d'avoir choisi d'utiliser le plus possible des techniques d’époque, tout cela aura tout de même entraîné la perte d’une partie de sa valeur patrimoniale, dont elle occupait une certaine place reconnue jusqu’en 1955. Cependant, il est rapporté que la maison avait déjà subi des rénovations majeures de son intérieur en 1930 - pour la mettre au goût du jour.

Malgré tout, elle reste néanmoins un des seuls bâtiments représentant le passage des habitants de la Nouvelle-France dans le secteur et mériterait une réelle mise en valeur afin de lui redonner vie. Nous avons une connaissance limitée de notre propre histoire, ce qui peut rendre difficile la compréhension des bâtiments qui n'ont plus de signification dans notre mémoire collective actuelle. Il est donc important de préserver l'histoire locale en accordant une importance particulière à la proximité de ces sites historiques et en les rendant accessibles à travers nos institutions locales. Cela aidera à les revitaliser et à changer notre perception de ces bâtiments historiques qui font partie intégrante de notre vie quotidienne.


Texte et recherche Jonathan Buisson et Francine Brien Desrochers


Source Banq Facebook Souvenirs et mémoires Côte-des-Neiges Notre-Dame de Grace et Outremont Google Archives ville de Montréal


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