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La coopérative de l'Avenue Lacombe

La coopérative de l'Avenue Lacombe Située dans le quartier de Côte-des-Neiges à Montréal, cette habitation modeste, avec un escalier en fer forgé à l’extérieur, témoigne de l’architecture typique des années 1910-1920 qui a marqué l’histoire de la ville. Ces triplex en brique sont bien plus que des constructions urbaines, car ils représentent l’histoire d’une communauté qui a su se rassembler pour préserver ses foyers et ses lieux de vie face aux pressions immobilières et à la gentrification.

Les particularités architecturales qui les caractérisent sont principalement des jeux de brique sur le couronnement des différents édifices ainsi que de nombreuses variations de couleurs de la brique, tout cela témoignant du savoir-faire et de la créativité des artisans de l’époque. Chaque ensemble de deux ou trois triplex présente habituellement les mêmes caractéristiques architecturales et sont suivis d’un autre ensemble similaire tout en comprenant quelques variantes, ce qui fait de chacune de ces constructions une pièce unique de notre patrimoine urbain.

Une série de ce type d’habitations se trouve du côté nord de l'Avenue Lacombe, entre Gatineau et Decelles, et c'est là que se sont implantées les premières coopératives d’habitation à Montréal. Suite à la démolition du village de Côte-des-Neiges, plus de 200 familles ont été évacuées et déracinées. Un vent de changement immobilier souffle sur le secteur, et l'on envisage de démolir la plupart des vieux bâtiments sur le boulevard Maréchal et sur la rue Lacombe.

C'est alors qu'un promoteur immobilier souhaite construire un gigantesque bâtiment à la place de la coopérative sur Lacombe.

Plusieurs résidents de longue date sont menacés d'éviction. Face à cette injustice, une véritable coalition citoyenne s’est mise en mouvement afin de ne pas laisser le projet se réaliser et empêcher ainsi la mise à la rue de toutes ces familles.

Ce sont deux dames, Micheline Rhéaume et Pierrette Trudel, entre autres, qui se sont unies pour effectuer le sauvetage de ces bâtiments et de leurs occupants. Elles ont alors réussi à créer la toute première coopérative d’habitation à Montréal en achetant ces différents blocs d’appartements, offrant par là même un magnifique exemple de solidarité citoyenne.

En plus de leur action collective, cette coopérative a reçu un prix Orange en 1976 pour avoir permis la mise en valeur des éléments de l’architecture urbaine de Montréal et pour avoir créé une véritable solidarité citoyenne. Depuis, cette coopérative regroupe plusieurs familles qui peuvent profiter d'une vie de quartier agréable, d'autant plus grâce aux rénovations de la cour commune et du grand jardin partagé. Il est important de noter qu'aux alentours de 1900, les terres de la famille Lacombe dans cette zone étaient louées à la famille Yales, qui y cultivait de magnifiques vergers. Plus d'un siècle plus tard, ces terres sont de nouveau utilisées pour cultiver un magnifique jardin, bouclant ainsi une boucle historique remarquable.

Ce type de projet est un bel exemple de la façon dont la solidarité et la préservation de notre patrimoine urbain peuvent coexister harmonieusement, offrant une réelle oasis de vie de quartier agréable et solidaire.

En conclusion, ces modestes triplex en brique et leurs escaliers extérieurs en fer forgé sont non seulement des témoins silencieux de l’histoire de notre ville, mais ils sont aussi un bel exemple de la force de la communauté quant à l’importance de protéger notre héritage architectural et culturel. Espérons que plus de projets rassembleurs comme celui-ci verront le jour, afin de pouvoir mettre en valeur ces éléments de notre précieuse architecture urbaine, en donnant vie et couleurs à ce pan de maisons, et préservant ainsi la mémoire de nos ancêtres pour les générations futures.


Texte et recherche Jonathan Buisson


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