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L'histoire de la croix du Mont-Royal

Cette année, nous célébrons le centenaire de la croix du Mont-Royal, une imposante structure métallique illuminée qui surplombe la ville et veille sur les citoyens de la métropole pendant la nuit, irradiant le paysage montréalais.

L'histoire de cette croix et ce qu'elle représente nous ramènent aux fondements mêmes de Montréal, à une époque où elle n'était pas encore une grande métropole, mais un simple fort érigé près de la Pointe-à-Callière en 1642.

Le soir du 24 décembre 1642, non loin de l'actuelle Pointe-à-Callière, le modeste poste en bois de Ville-Marie risque l'inondation. Selon les écrits de l'époque, l'eau du fleuve monte dangereusement, menaçant l'établissement. Alors que les habitants prient, monsieur de Maisonneuve sort et plante une petite croix à quelques mètres des portes du fort. Il fait le serment d'en construire une plus grande sur le Mont-Royal si le poste est épargné par les eaux. Celles-ci reculent, le fort est sauvé. Dieu soit loué !

Dès le lendemain de Noël, une corvée se met en branle pour la construction d'une grande croix avec des troncs d'arbres. Le jour de l'Épiphanie, le 6 janvier 1643, en procession, les habitants de Ville-Marie vont planter la croix sur le Mont-Royal. La croix de bois a été remplacée à plusieurs reprises après avoir été brisée par des intempéries. Malgré tous les écrits que nous possédons, l'emplacement original de cette croix reste nébuleux et incertain. Voici les informations que nous avons recueillies à ce sujet. Les quelques archives dont nous disposons sur le sujet sont les annales de Marguerite Bourgeoys, rédigées dans les années suivant son arrivée à Ville-Marie à l'automne 1653. Dès son arrivée, Marguerite Bourgeoys demande à monsieur de Maisonneuve de lui montrer l'emplacement de la croix de 1643. Une fois sur les lieux et constatant que la croix gisait sur son flanc, ils conviennent que le site nécessite un entretien, et Marguerite est choisie pour y veiller. Dans ses écrits, elle mentionne que la croix est située "juste au-dessus du Fort de la Montagne", l'actuel Séminaire sur Sherbrooke à l'ouest de la Côte-des-Neiges, sur un promontoire naturel ou "piton rocheux".

Une fois la croix remise en place et les terrains alentour nettoyés, la croix est à nouveau visible depuis le fort de la Pointe-à-Callière. Sur la carte de 1846, on distingue le Fort de la Montagne ainsi que le site (possible) de la croix.

En ce qui concerne la nouvelle croix qui fête ses 100 ans cette année, voici son histoire. En 1874, pour souligner son 40e anniversaire de fondation, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal énonce l'idée d'une croix sur le Mont-Royal en souvenir de celle de Maisonneuve. Cinquante ans plus tard, le projet se réalise. Un comité des finances commence à se former. Des architectes préparent un plan. 104 200 bénévoles, dont 4 200 adultes et 100 000 élèves de la province, contribuent à la cause en offrant des timbres commémoratifs de la croix du Mont-Royal. Les timbres se vendent 5 cents chacun. 10 000 $ sont ainsi amassés.

Les travaux de construction débutent le 16 mai 1924.

La pierre angulaire de la croix est bénie par Mgr Alexandre-Marie Deschamps. La structure métallique est réalisée par la compagnie Dominion Bridge selon les plans de Pierre Dupaigne, prêtre sulpicien. Les travaux se terminent à la mi-septembre 1924, mais la croix est illuminée pour la première fois la veille de Noël. L'entreprise Montreal Light, Heat and Power fournit l'électricité gratuitement.

Initialement, le projet du prêtre sulpicien devait permettre à la croix d'accueillir une plate-forme d'observation dans les bras de la croix afin que les visiteurs puissent y monter. Une base en pierres devait également s'ajouter. Faute d'argent, le projet n'a pu être achevé. D'ailleurs, si la croix est tournée vers l'est, ce n'est pas un hasard. Sa position a pour but de marquer l'appropriation de la ville par les francophones.

En 1929, la Société Saint-Jean-Baptiste offre la croix en cadeau à la Ville de Montréal, bien qu'aucun document ne l'atteste formellement. Malgré tout, la Ville de Montréal assume l'entretien de sa structure et de son illumination.

En juin 2004, une résolution du Conseil municipal de la Ville de Montréal approuve enfin cet acte de cession de la croix du Mont-Royal.


En cette année commémorative, la croix du Mont-Royal demeure bien plus qu'un monument physique ; elle incarne le passage du temps, les réalisations collectives et la persévérance qui ont façonné l'identité de Montréal. C'est avec respect et admiration que nous honorons ce symbole emblématique qui continue d'éclairer la ville, tant littéralement que métaphoriquement, depuis un siècle.


Texte et recherche par Jonathan Buisson. Sources : Wikipedia, Facebook Souvenirs et Mémoires de Côte-des-Neiges, Banq ville de Montreal.

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