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L’hôtel Lumkin et la villégiature dans Côte-des-Neiges

Dans cette publication, nous allons évoquer certains bâtiments disparus du village de Côte-des-Neiges surnommé "The Little French Village" vers 1830.


Dans un Montréal majoritairement anglophone, ce petit village situé dans la montagne était décrit comme un exemple parfait du village typiquement canadien-français. Il est d'ailleurs devenu un endroit prisé pour la villégiature et lorsqu'on allait à Côte-des-Neiges, on avait l'impression de se retrouver à la campagne.

En 1827, une taverne s’installe dans le quartier et à cet endroit se réunissent avocats, juges et riches hommes d’affaires. Des festins bien arrosés s'y déroulent régulièrement et la boisson y coule à flot pendant qu'on échange sur les nouvelles politiques ou autres et qu'on y refait le monde.

Les gens sont attirés par cet endroit bucolique qui regorge de verdure en plein cœur de l’île de Montréal et après plus d'un siècle de tanneries artisanales qui ont laissé une odeur immonde flotter dans le village et ses alentours, on profite maintenant des auberges du secteur; quant à ceux qui préfèrent l’intimité, ils s'y feront construire des villas ou des clubs-houses pour leur usage personnel.

Les tanneurs, comme plusieurs autres artisans de métier, ont petit à petit acquis une expérience qui a rendu leur travail de plus en plus commercial.

Les plus grosses tanneries finissent par prendre le dessus sur les petites et au fil du temps développent des méthodes de plus en plus raffinées, laissant ainsi moins d'odeurs nauséabondes prendre toute la place dans le secteur. Plusieurs hôtels sont construits dans le haut de la côte, notamment près des intersections du chemin de la Côte-des-Neiges et de Queen-Mary, car ce côté villégiature ne se trouve qu'au sud du chemin Côte-Sainte-Catherine grâce à l'altitude offerte par la montagne où des paysages bucoliques s'offrent alors à nous, avec la vue sur les montagnes des Laurentides, les couchers de soleil somptueux et le ruisseau qui descend les plaines défrichées vers Ville Saint-Laurent.

Voilà le portrait qui se dresse pour les riches personnes qui convoitent ces terres afin d'y construire leur villa cossue. De plus, ce secteur de Côte-des-Neiges devient un lieu où l'on s'adonne à plusieurs sports, et cela, en toutes saisons.

Ainsi, en hiver, on y pratique la raquette, le ski, la luge, le patin à glace, et pour le volet estival, le badminton, le croquet et le tennis - pour ne citer que quelques exemples des activités sportives que l'on aimait venir pratiquer sur les hauteurs du Mont-Royal.

Additionnés aux quelques auberges-hôtels qui s'installent aussi dans le secteur, l'hôtel Compain, avec sa tour observatoire de 120 pieds de haut, attire moult personnes dans le secteur.

Juste en face de cette tour, John Molson Jr y fera construire sa demeure, la villa Terra-Nova, que l'on peut encore admirer de nos jours et qui est aujourd'hui occupée par Les Petits Chanteurs du Mont-Royal.

L'hôtel Bellevue, qui deviendra plus tard le célèbre Collège Notre-Dame, et le fameux hôtel Lumkin, ou comme on le surnomme, le "Half Way House", sont illustrés dans plusieurs publications d'époque.

Cette auberge avec ses écuries adjacentes était le point de rencontre des célèbres courses à raquettes, initiées par les Tuques Bleues et qui s'effectuaient à travers la montagne. Le départ se faisait tout près du centre-ville avant de traverser la montagne jusqu'au "Half Way House", nom qui lui avait été attribué du fait que lorsqu'on y arrivait, on s'y retrouvait à moitié-chemin avant d'effectuer le retour vers le centre-ville.

En plus de cela, cette auberge était aussi un point de ravitaillement situé au cœur de la montagne, tout près du village naissant, dans le secteur du Chemin Frère André, sur les terres de William Gunn.

On y a construit le Club Athlétique, un club où se pratiquaient également plusieurs sports de montagne. Très appréciés de la population d'alors, il n'était pas rare qu'y soient organisés différents événements comme en témoignent les dessins dans les journaux d'époque où l'on y voit des foules tenir des carnavals devant ces deux bâtiments emblématiques maintenant disparus, l'hôtel Lumkin et le Club Athlétique.

Le temps s’enfuit, ne nous laissant que des souvenirs. Remercions les personnes qui ont récolté ces précieuses histoires qui racontent notre passé. Il est impératif de les faire revire à notre tour afin que ne meure jamais Côte-des-Neiges, du moins tant que l'on se souviendra de son passé - mais cela pour combien de temps encore ?


Texte et recherches : Jonathan Buisson


Sources :

Facebook, Souvenirs et mémoires Côte-des-Neiges, Notre-dame-de-Grace et Outremont

Banq

Archives de la Ville de Montréal

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