Frère Gaston Hamelin, CSC (1916-1975)

Dernière mise à jour : 19 sept.



Gaston Hamelin est né le 26 avril 1916 dans le quartier Hochelaga à Montréal. Son père Lionel, dentiste, était originaire de Louiseville et sa mère Berthe Galaise venait de Montréal.

En 1932, il entre au noviciat de la Congrégation de Sainte-Croix, puis il débute dans l’enseignement au Collège Notre-Dame en 1936. Dès 1939, alors qu’il a vingt-trois ans, il deviendra professeur à l’école Notre-Dame-des-Neiges et résidera avec ses confrères dans l’aile sud-est de l’école.

Il faut se rappeler que l’école était divisée en deux: le côté sud-est (à droite sur la photo) était dédié aux garçons avec les frères Sainte-Croix alors que les sœurs de Sainte-Croix avaient leur résidence à l’extrémité de l’aile nord-ouest du côté dédié aux filles (à gauche sur la photo). Vers 1963, il y avait 6 frères (avec 2 employés) et 12 sœurs de Sainte-Croix qui demeuraient en résidence de chaque côté de l’école. À cette époque les confrères du frère Hamelin étaient les frères André Arseneault, Roméo Rivard, Joseph Sicard, Lucien Lévesque et Hubert Messier. La population d’élèves était alors de 445 après avoir atteint un sommet de 618 en 1955. C’est en 1968, que l’école deviendra mixte et qu’on brisera le mûr entre les garçons et les filles.


En plus d’être professeur, Gaston Hamelin s’impliquera beaucoup au niveau des activités sportives pour les jeunes. Il sera entraîneur de plusieurs équipes de hockey et de balle-molle de la Côte-des-Neiges qui se distingueront à travers toute la ville de Montréal. Le frère Hamelin jugeait que le sport complétait bien l’enseignement car il permettait de développer le travail d’équipe et l’esprit de combativité.

Historiquement, la Côte-des-Neiges a toujours été un lieu privilégié pour les sports notamment au niveau des sports d’hiver. Encore aujourd’hui, certaines personnes du quartier peuvent assister de leur balcon à des compétitions cyclistes internationales autour du Mont-Royal (Les Grands Prix Cyclistes de Québec et Montréal).


On se souvient aussi que le premier curé de la Paroisse Notre-Dame-des-Neiges (1901), Léandre Perreault, encourageait ses paroissiens à aller assister aux parties de baseball de l’équipe Northmount après la messe sur le terrain qui était alors situé du côté nord de l’intersection des avenues Decelles et Jean-Brillant.

Ainsi, le frère Hamelin a su inculquer à ses élèves le goût du sport et du dépassement dès leur plus jeune âge. Ils étaient fiers de porter le logo de leur école ou de leurs commanditaires du quartier (ex : épicerie Charles Lalonde, quincaillerie Gagné, pharmacie Miron, boucherie Groulx) sur leurs chandails de hockey ou de balle-molle.


Dès le début des années 1950, les équipes de la Côte-des-Neiges deviennent pratiquement invincibles. Sur cette photo, on peut voir le frère Hamelin fier de ses élèves qui ont remporté le trophée incluant le gardien Jean Goyer et René Lebuis devant le frère Hamelin. René Lebuis, père, était un admirateur du frère Hamelin et il n’hésitait jamais à l’aider, par exemple, en arrosant la patinoire par les froids soirs d’hiver. M. Lebuis suivra les traces du frère Hamelin en devenant lui-même entraîneur.


En octobre 1963, le journal Montréal-Matin souligne les succès des équipes de balle-molle de la Côte-des-Neiges dans les tournois de la Ville de Montréal et mentionne la générosité du frère Hamelin d’organiser des ligues de balle-molle dans toutes les catégories. On mentionne aussi le nom de René Lebuis comme l’entraîneur de l’équipe championne junior appelée Les Bons Copains.


Les efforts du frère Hamelin permettront de développer des athlètes professionnels comme le futur joueur de hockey André Boudrias (Canadiens de Montréal et Canucks de Vancouver (1966-1978)) que l’on voit dans la première rangée qui tient le bâton de baseball à droite. René Lebuis, que l’on voit à droite avec le blouson reluisant, était l’entraîneur de cette équipe.




L’année 1963 sera une année pleine de succès pour le frère Hamelin car il deviendra directeur de l’école Notre-Dame-des-Neiges jusqu’à la laïcisation de 1968. Ce sera aussi l’année où il fondera la Garde d’honneur de Notre-Dame-des-Neiges qui deviendra la fanfare les Vaillants de Montréal. Encore une fois, il réussira à canaliser l’énergie des jeunes vers une activité exigeant de la discipline et de la coordination. Je me souviens de cette fanfare qui pratiquait dans la cour d’école et qui parcourait les rues du quartier en s’arrêtant parfois devant une maison pour rendre hommage à un de ses habitants. Mon frère, qui y jouait de la trompette, portait fièrement son superbe uniforme rouge avec le V des Vaillants à l’avant.


Le point culminant de l’histoire de cette fanfare fut très certainement son interprétation de la chanson ‘Alouette’ à l’avant de la parade de la Saint-Jean de 1967 ainsi que plusieurs autres interprétations musicales dans le cadre de l’Expo 67. On voit d’ailleurs une photo de ce groupe à la place des Nations sur l’île Sainte-Hélène.


Dans l’album-souvenir du 70ième anniversaire de l’école Notre-Dame-des-Neiges (1918-1988), les anciens élèves Bernard Lebuis et Daniel Blondin témoignent de leur expérience vécue lors de la transition de l’administration religieuse à l’administration laïque en 1968-69. Ils disent que les paroissiens n’étaient pas d’accord avec le remplacement du frère Hamelin par un laïc comme directeur car c’était un grand homme. Il avait réussi à rendre l’école attirante pour les jeunes. Ils mentionnent aussi que le frère Hamelin dépassait son statut de professeur en gâtant ses élèves et les paroissiens de sa grande générosité. Pour eux, c’était une question d’enracinement culturel.

En 1973, avec la fermeture des classes de 7ième année, le frère Hamelin continuera à enseigner notamment avec le frère Lucien Grenier à l’école secondaire Saint-Luc.


Puis, suite à une crise cardiaque, le frère Gaston Hamelin nous quittait le 14 novembre 1975 à l’âge de 59 ans. Il aura passé la plus grande partie de sa vie à enseigner et à vivre à l’école Notre-Dame-des-Neiges. Au cours de ces 36 années, il a laissé sa trace en dynamisant la vie des jeunes garçons, en leur donnant de la fierté et surtout en leur transmettant de belles valeurs comme la générosité, la collaboration, la volonté et la joie de vivre.


Ce personnage humble et dévoué à la jeunesse de son quartier a vraiment marqué non seulement la vie des jeunes, mais aussi l’histoire de la paroisse. De plus, il a contribué au rayonnement de la Côte-des-Neiges à travers toute la ville de Montréal. En fait, son passage à l’école Notre-Dame-des-Neiges marquera à jamais les souvenirs et la mémoire de la Côte-des-Neiges.



Recherche et texte par Sylvain Rousseau avec la collaboration de René Lebuis et Germain Lefebvre

Sources :

- Album-souvenir 70ième anniversaire (1918-1988) École Notre-Dame-des-Neiges

- Album souvenir Notre-Dame-des-Neiges célèbre son cinquantenaire 1901-1951

- Ancestry

- BAnQ (Montréal-Matin 16 octobre 1963 et La Presse 15 novembre 1975)

- Archives de René Lebuis (fils)

- Groupe Facebook Souvenirs et Mémoires de la Côte-des-Neiges

205 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout